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Ça se passe où quand nous rêvons ? par Patrick Lambert

 

 

Nous avions vu dans l’article précédent que le neurone pyramidal, en forme d’arbre, était le chef d’orchestre de l’inconscient: quand sa zone d’amplification est inhibée l’information reste inconsciente, et à chaque fois que l’amplification est activée dans sa zone apicale, sous la surface du cortex, l’information devient consciente.

Cette fois, que se passe-t-il quand nous sommes conscients de rêver ?

Tout d’abord cela se passe au niveau des hormones sécrétées par le cerveau, les neuromédiateurs. Lors de l’endormissement le niveau d’adrénaline baisse, ce qui met au repos le système orthosympathique, celui qui est activé pendant l’action, par exemple de chasse; mais le système qui gouverne notre digestion, le système parasympathique, se met également au repos, par diminution du taux d’acétylcholine. Tous les systèmes étant aux repos, le sommeil profond s’installe. Les inter-neurones inhibiteurs, qui donnent de la pertinence à l’amplification selon le contexte, peuvent fonctionner librement, et inhibent de fait toutes les zones d’amplification. Résultat, le sujet sombre dans l’inconscient.

Par cycles de deux heures, commandée par notre horloge interne, l’acétylcholine augmente et inonde le cerveau. Cela permet d’inhiber la neuro-modulation inhibitrice, donc de libérer l’amplification apicale au niveau de sa touffe superficielle. Les informations reçue par l’arbre dendritique, dans la substance blanche, qui rejoint le corps cellulaire enchâssé dans les profondeurs, appelée substance grise, sont amplifiées, et deviennent conscientes.

De quelles informations s’agit-il ? Le sommeil permet au cerveau de se déconnecter du corps, avec la chute d’adrénaline. Le neurone pyramidal ne reçoit donc plus d’informations périphériques, mais reste à l’écoute des informations en provenance d’autres zones du cerveau, le paléo-cortex qui gère entre autre les émotions, et des informations de ce qui se vit dans les autres zones corticales, en particulier le cortex visuel, particulièrement actif lorsque nous rêvons. Les images sont prédominantes dans le vécu onirique, c’est pourquoi les zones d’amplifications fonctionnent particulièrement bien dans cette région du cerveau, afin de mettre en cohérence les réminiscences de la journée avec les sentiments qui sont ainsi générés.

Pendant un rêve, les neurones impliqués sont exactement les mêmes que ceux qui fonctionnent à l’état de veille, avec la même mission. Par exemple si c’est un neurone pyramidal traitant de la couleur le jour, il continue la nuit pendant le rêve de traiter l’information couleur.

Au total, nous avions vu que conscient et inconscient avait comme support les mêmes neurones, selon l’état du neurone, amplifié ou non. Avec le rêve, nous constatons que l’information onirique est traitée exactement de la même façon, avec les mêmes neurones, la seule différence étant leur déconnection avec les organes des sens.

Faites de beaux rêves et à bientôt.

Patrick Lambert

Psychiatre, praticien hospitalier au CHU de Nantes, diplômé en médecine légale, responsable du Centre d’Activité Thérapeutique à Temps Partiel du secteur 1 de l’agglomération nantaise, psychothérapeute fondateur de la psychagogie scotocentrée, auteur de “L’analyse psychagogique des rêves”, éditions Fabert.

Directeur et formateur E3PI en Psychopathologie et Analyse psychagogique des rêves.

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