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Vieillissement et espérance de vie, par Patrick Lambert

 

 

La durée de vie des individus est programmée génétiquement. La longévité chez les vertébrés varie d’un facteur 500 : le requin peut vivre plus de 400 ans alors qu’un poisson d’aquarium, le fondule, atteint difficilement 9 mois. Chez les mammifères ce rapport est encore de 50, entre les petits mammifères qui vivent moins de 4 ans, et la baleine qui peut atteindre deux siècles. L’horloge biologique est le vieillissement cellulaire, ou senescence. De très rares espèces échappent à ce phénomène ; le séquoia pour les végétaux, et le homard pour les animaux sont emblématiques de ces exceptions.

Les êtres vivants le sont car ils sont capables de détecter et d’absorber les nutriments essentiels à leur survie. Les vertébrés, dont nous faisons partie, ont une particularité : l’espérance de vie diminue lorsque les apports alimentaires augmentent ; ils sont exposés aux maladies de surcharge. Ce phénomène est dû à l’hormone de croissance dont la sécrétion dépend des apports alimentaires. Elle provoque un excès d’insuline qui diminue la capacité de nettoyage cellulaire. L’impact du taux de l’hormone de croissance se manifeste très précocement chez les mammifères. Chez la souris jeune, son déficit augmente l’espérance de vie de l’animal de 45%, avec comme inconvénient s’il en est, un retard de la fonction de reproduction. La restriction calorique améliore non seulement l’espérance de vie mais également la qualité de vie, mesurée par une fréquence basse des maladies chroniques et invalidantes.

Nous avons l’habitude de dire que nous avons l’âge de nos artères ; nous ferions mieux de dire que nous avons l’âge de notre microbiote. En effet, des expériences chez les petits vertébrés de transfert du microbiote de sujets jeunes dans le tube digestif de sujets âgés ont permis l’amélioration de la qualité de vie de ces derniers. C’est comme si, quand l’alimentation se fait rare, l’individu se nourrissait surtout de son microbiote, et moins directement des aliments ingérés, un peu comme les bovidés et leur rumen.

Chez les grands mammifères, que nous sommes, un facteur essentiel est l’interaction sociale. Les grands singes qui ont des compétences à l’amitié voient leur espérance de vie augmenter. Les expériences chez l’humain permettent d’élucider ce phénomène : l’augmentation des contacts sociaux baisse l’inflammation, alors que le stress social a un effet inverse. L’inflammation génère des cellules abîmées, qui ne sont pas ou peu éliminées du fait d’une hyperphagie réactionnelle au stress. L’inflammation chronique provoque des maladies auto-immunes, comme l’arthrite, ou des dégénérescences du système nerveux central, comme l’Alzheimer ou le Parkinson.

L’héritabilité de l’espérance de vie est assez faible. Elle a été estimée chez les vrais jumeaux à moins de 15%. Le facteur génétique le plus important est sexuel ; 90% des centenaires sont des femmes, qui peuvent d’ailleurs voir leur avantage disparaitre en cas de castration. L’autre facteur est l’activité physique : peu d’impact sur la durée de vie, mais une réelle protection contre les maladies.

Au total, pour vivre vieux en bonne santé, surtout pour ceux qui n’ont pas la chance d’être une femme, il est recommandé de manger peu, d’avoir un réseau social riche, et de pratiquer des activités physiques quotidiennement.

Patrick Lambert

Psychiatre, praticien hospitalier au CHU de Nantes, diplômé en médecine légale, responsable du Centre d’Activité Thérapeutique à Temps Partiel du secteur 1 de l’agglomération nantaise, psychothérapeute fondateur de la psychagogie scotocentrée, auteur de “L’analyse psychagogique des rêves”, éditions Fabert.

Directeur et formateur E3PI en Psychopathologie et Analyse psychagogique des rêves.

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