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Le centre de la rage est peuplé de neurones miroir chez les mâles, par Patrick Lambert

 

L’observation animale montre que le seuil de déclenchement de la violence est plus bas chez les mâles. L’hypothèse est que ce comportement est soutenu par la richesse en neurones miroir au niveau du centre de la rage chez ces derniers.

En général, les combats ne sont pas une affaire privée. Les spectateurs sont souvent plus nombreux que les combattants. Un article récent paru dans le journal Cell, signé par Nirao SHAH, tente une explication neuroscientifique.

Un neurone est dit miroir si son activation dans une situation donnée, est la même, que le sujet soit partie prenante ou spectateur. Ces neurones sont particulièrement présents dans un noyau de l’hypothalamus, le noyau ventro-médial. Quand une souris mâle étrangère est introduite dans la cage d’une colonie de souris, immanquablement cela déclenche une réaction agressive de la part des mâles résidents. Le combat qui en résulte est accompagné d’une activation du noyau hypothalamique non seulement des souris impliquées, mais également des souris spectatrices.

Si les neurones de la zone de rage du mâle sont rendus artificiellement inactifs, celui-ci ne combat plus l’autre mâle, mais garde un comportement copulatoire s’il s’agit d’une intruse, comportement géré par un autre noyau hypothalamique, dans la zone pré-optique. A contrario, si le noyau ventro-médial est artificiellement stimulé, le mâle aura une réactivité violente plus importante, indistinctement du sexe de l’intrus, y compris contre lui-même s’il lui est donné l’occasion de se voir dans un miroir. Curieusement, en l’absence d’intrus, cette stimulation du centre de la rage ne provoque pas d’agressivité envers les proches avec lesquels il vit, ce qui introduit le concept de contextualisation sociale à l’expression de l’agressivité.

L’existence d’un recrutement des neurones miroir explique les phénomènes de foule, comme le lynchage, ou le succès populaire des matchs de boxe ou des films de guerre. La défense du territoire est donc bien une composante explicative de l’hétéro-agressivité, portée principalement par les mâles.

Patrick Lambert

Psychiatre, praticien hospitalier au CHU de Nantes, diplômé en médecine légale, responsable du Centre d’Activité Thérapeutique à Temps Partiel du secteur 1 de l’agglomération nantaise, psychothérapeute fondateur de la psychagogie scotocentrée, auteur de “L’analyse psychagogique des rêves”, éditions Fabert.

Directeur et formateur E3PI en Psychopathologie et Analyse psychagogique des rêves.

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