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Contre l’addiction à l’héroïne et à la cocaïne, pourquoi pas la vaccination ? par Patrick Lambert

Injecter un analogue de l’oxycodone avec des adjuvants stimulant l’immunité, afin de pousser le corps à produire des anticorps qui se lient à l’opiacé, et l’empêchent d’entrer dans le cerveau, c’est l’espoir de prévenir l’addiction et de protéger contre la surdose. La mort par surdose survient par rupture des circuits nerveux qui contrôlent les fonctions de base comme la respiration.

Les surdoses d’opiacés sont la cause principale des morts accidentelles des toxicomanes. Il existe actuellement trois médicaments pour traiter l’addiction aux opiacés. Plus de la moitié des personnes prenant ces traitements rechutent dans les six mois. La raison en est que les traitements quotidiens demandent une particulière motivation persistante du patient ; même les traitements par injection mensuel souffrent d’un manque d’adhésion du toxicomane.

Les tentatives de faire des vaccins existent depuis 30 ans. Les premières tentatives ont visé l’addiction à la cocaïne et à la nicotine. Kim JANDA, Directeur de l’Institut Worm, a lié un analogue de la drogue à une protéine irritante pour stimuler la production d’anticorps, qui séquestrent la drogue dans le sang, l’empêchant de traverser la barrière hémato-encéphalique, la convertissant en métabolites qui seront excrétés. Ainsi, au centre médical Weill-Cornell, jusqu’en 2009, il a travaillé sur un candidat vaccin anti-cocaïne, avant de se rabattre, HIV oblige, sur un vaccin anti-héroïne et anti-fentanyl. Ces derniers ont montré leur efficacité chez les primates non-humains.

Chez le singe rhésus, la réduction obtenue de la dépendance à l’héroïne fut d’un facteur 4, et pour le fentanyl d’un facteur 10. Actuellement la société états-unienne citée priorise un vaccin à anticorps monoclonal anti-fentanyl qui pourrait non seulement traiter l’addiction, mais aussi la surdose elle-même. Pour obtenir ces anticorps monoclonaux, la stratégie serait d’isoler les cellules immunitaires B obtenus lors des vaccinations classiques, les associer à des cellules immortelles produites par un myélome, afin de générer des cellules à très longue vie capable de produire des anticorps en grande quantité.

Pour les vaccins contre la nicotine et la cocaïne, il faudrait poursuivre les essais cliniques en utilisant, dit l’auteur, des adjuvants plus puissants, pour induire une réponse immunitaire plus efficace.

Patrick Lambert

Psychiatre, praticien hospitalier au CHU de Nantes, diplômé en médecine légale, responsable du Centre d’Activité Thérapeutique à Temps Partiel du secteur 1 de l’agglomération nantaise, psychothérapeute fondateur de la psychagogie scotocentrée, auteur de “L’analyse psychagogique des rêves”, éditions Fabert.

Directeur et formateur E3PI en Psychopathologie et Analyse psychagogique des rêves.

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