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Prise en charge des addictions : pourquoi tous les psychologues sont concernés

Les motifs de consultation sont multiples : anxiété, troubles du sommeil, difficultés relationnelles… Mais derrière certains d’entre eux peut se cacher une addiction encore non identifiée. Substances, écrans, jeux vidéo, paris en ligne : tout psychologue peut aujourd’hui être confronté à ces problématiques. À l’approche de la formation qu’elle animera en octobre à E3PI, Claire Ginalhac, psychologue spécialisée en addictologie, explique comment les repérer, ajuster son accompagnement et soutenir le changement sans l’imposer.

Pourquoi les addictions sont-elles aujourd’hui un sujet que tout psychologue devrait connaître, même sans être spécialiste de l’addictologie ?

Parce que les problématiques addictives se retrouvent dans de nombreux contextes cliniques, bien au-delà des consultations spécialisées. Un psychologue généraliste peut être amené à recevoir des patients pour d’autres motifs (anxiété, troubles du sommeil, difficultés relationnelles) derrière lesquels se cache en réalité une addiction. Savoir la repérer précocement permet d’orienter rapidement la personne vers une prise en charge adaptée, avant que la situation ne s’aggrave.

Pourquoi les addictions comportementales (écrans, jeux vidéo, etc.) sont-elles souvent plus difficiles à repérer qu’une addiction à une substance ?

Parce qu’elles concernent des comportements banalisés, intégrés à notre quotidien  : nous utilisons tous notre téléphone, souvent bien au-delà des recommandations. Cette normalisation sociale rend plus difficile la prise de conscience, tant pour la personne concernée que pour le professionnel : où se situe la limite entre un usage important mais « normal » et une véritable dépendance ? À la différence d’une addiction à une substance psychoactive, elle ne repose pas sur la consommation d’un produit, ce qui complique aussi son repérage et l’évaluation de sa sévérité.

Quels sont les signes qui doivent alerter un professionnel lorsqu’une problématique addictive se cache derrière le motif de consultation initial ?

Plusieurs indicateurs doivent attirer l’attention :

  • La persistance du comportement dans le temps (au-delà de 12 mois)
  • Le craving, c’est-à-dire un besoin irrépressible de consommer ou de pratiquer le comportement
  • La perte de contrôle sur la fréquence, la durée ou l’intensité
  • La compulsion à reproduire le comportement malgré l’intention de s’arrêter
  • Un usage régulier, voire quotidien
  • Des conséquences négatives sur la vie de la personne (relations, travail, santé, sommeil…)

Accompagne-t-on de la même manière une addiction à une substance et une addiction comportementale (écrans, jeux vidéo, paris en ligne) ?

Les grands principes d’accompagnement sont similaires et reposent notamment sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui s’appliquent aussi bien aux addictions à une substance qu’aux addictions comportementales. Le travail porte sur les mêmes mécanismes : identification des déclencheurs, gestion du craving, restructuration cognitive, prévention de la rechute. Les spécificités de chaque comportement (accessibilité, contexte d’usage, fonction psychologique) demandent cependant d’adapter certains aspects de la prise en charge.

Existe-t-il des erreurs fréquentes ou des pièges à éviter lorsqu’on accompagne une personne confrontée à une addiction ?

Oui, plusieurs écueils sont fréquents :

  • Juger les consommations ou le comportement de la personne
  • Vouloir aller trop vite, en cherchant à obtenir rapidement un changement ou l’arrêt de la consommation ou du comportement.
  • Se substituer au patient dans la décision de changement

Que découvrira-t-on concrètement durant cette formation de deux jours sur la prise en charge des addictions ?

Cette formation abordera :

  • Les différentes substances et leurs effets sur l’organisme et le psychisme
  • Les outils de repérage précoce des problématiques addictives
  • Les différentes modalités d’accompagnement pouvant être proposées selon les situations

Claire Ginalhac

Psychologue clinicienne spécialisée en addictologie. Titulaire d’un master en psychologie de la santé, Claire accompagne les personnes confrontées à des comportements addictifs ou à une dépendance aux substances psychoactives. Son approche intégrative et humaniste s’appuie notamment sur les TCC et la thérapie ACT. Elle exerce à Toulouse, à la Villa Santé et au Centre hospitalier Gérard Marchant.

Initiation à la prise en charge des addictions : formation à Toulouse du 17 au 18 octobre 2026.

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